Aion: 6 mois déjà.

Je sais, je sais.
Je ne vais pas être le seul à rédiger un article de ce type, mais moi aussi j’ai envie de partager mes impressions sur un jeu qui m’a occupé ces 6 derniers mois, souvent plus que de rigueur.

Aion, kézaco ?

Pour ceux qui ne suivraient pas l’actualité des MMORPG (ou « meuporg », selon un journaliste de France 2), qui signifie Massive Multiplayer Online Role-Playing Game (ou jeu de rôle massivement multijoueur en ligne), Aion est le dernier né de NCSoft, aussi connu pour ses jeux à succès « Lineage 2″ et « Guildwars ».

Aion est un jeu coréen à la base, sorti en Europe et sur le continent américain depuis le 25 octobre 2009, après deux phases de Closed Beta et une phase d’Open Beta (pour ceux qui avaient précommandés le jeu). J’y ai joué une semaine en Open Beta, avant de reprendre le premier décembre, ce qui fait que mes 6 mois d’abonnement n’ont pris effet que ce premier mai.

Mais ça raconte quoi ?

L’histoire, en résumé, nous décrit une guerre millénaire entre trois factions.
Les Elyséens et les Asmodiens sont les deux factions « humaines » (et donc jouables), vivant sur des parties indépendantes du même monde. Autrefois unis, ils mènent aujourd’hui une guerre sans merci, alimentée tant par la haine entre les deux peuples que par la nécessité d’écraser l’autre faction pour la survie des leurs. En effet, l’équilibre du monde est menacé, et seule la destruction d’une moitié du monde pourra empêcher la totalité du monde de s’écrouler. Certains d’entre eux sont « choisis » par Aion pour devenir des Daevas, anges vengeurs ou protecteurs dotés de puissants pouvoirs.

Les Balaurs, eux, sont la faction non-jouable. Combattant Draconniques d’exception, ils furent autrefois repoussés dans les Abysses, l’espace qui sépare les deux morceaux du monde. Détenteurs d’une technologie bien supérieure à celle des Asmodiens et des Elyséens, capables d’utiliser des capacités infiniment mortelles, il faut une escouade de Daevas pour venir à bout d’un seul d’entre eux, du moins parmis les plus puissants. Leur but est simple: détruire ou réduire en esclavage Asmodiens comme Elyséens en investissant leurs mondes respectifs. Et lorsqu’on voit la puissance d’un Dredgion, le cuirassé Balaur qui patrouille dans les Abysses, on ne peut que frémir en imaginant une telle arme investir Elyséa ou Asmodae.


Et toi, qu’est ce que tu joues ?


Je suis un joueur RP à la base, c’est à dire que je me mets entièrement dans la peau de mon personnage et le joue comme s’il était vivant, à la manière du théatre. Cependant, je suis également un gamer, qui aime tant le PVP que le PVE, et il est difficile de trouver un équilibre entre ces deux visions du jeu.

J’ai donc commencé par un Spiritualiste, que j’ai monté jusqu’au niveau 29. Cependant, la fragilité de cette classe à bas level m’a rapidement rebuté, et j’ai donc décidé de changer.
A vrai dire, le changement fût plutôt radical, puisque j’ai monté une Templière jusqu’au niveau 36. Le coté « Boite à PV » et « Je fonce dans le tas » m’a pas mal plu, mais à force, devenir dépendant d’autres joueurs (et surtout du Clerc) pour ma survie m’a lassé.
J’ai donc commencé un Rodeur, l’archer du jeu, en duo avec une Sorcière. Nous sommes montés ensemble jusqu’au niveau 40 environ, et il faut dire que nous formions un duo plutôt efficace. Nos routes se sont séparées, mais j’ai tout de même terminé le leveling jusqu’au niveau 50, et c’est aujourd’hui mon personnage principal.
J’ai aujourd’hui un Rodeur 50, une Templière 41, un Aède 32, un Spiritualiste 30, un Gladiateur 30 ainsi qu’une Clerc 14, le tout du coté Elyséen. Je songe à me monter une Assassine, ainsi que, peut-être, une Sorcière du coté Asmodéen pour découvrir une autre face du jeu.

Mon avis

Les décors et le character design.

Le Triroan Instable

Si j’étais venu sur Aion à la base, c’était justement pour son univers et son histoire à la fois très simple et très complexe. C’est donc sur la découverte de l’univers que j’ai pris un grand plaisir, tant au niveau de l’histoire que des décors.
Et pour les décors, il n’y a rien à redire, chaque nouvelle zone est une vraie claque visuelle.
Si parfois les paysages semblent un peu démuni (comme le Marais de Verteron, par exemple), il suffit d’avancer un peu pour découvrir, niché au pied d’une colline, un village enchanteur. J’ai parfois pris le temps de faire mon touriste japonais, le doigt sur la touche « PrtSc », simplement pour bien saisir toute la magie ou la beauté d’un lieu.

Les apparences des armures sont soignées; même si, jeu coréen oblige, il est difficile pour une fille de rester chaste ( <3 Maelya ). La seule complainte que j’ai, c’est que l’apparence des armures de cuir pour homme sont rarement top top, mis à part les équipements finaux (sauf l’abyssal, qui est simplement ridicule), mais je chipote. Les armes, quant à elles, sont très jolies, même s’il faut aimer que ça brille de partout pour certaines.

Les monstres vont du quelconque au carrément exceptionnel. Les Balaurs ont particulièrement été soignés, on reconnait en un coup d’oeil celui qui va vous mettre votre mère par rapport au Balaur de base. Je regrette simplement que, mis à part le Triroan Instable, boss final du Laboratoire secret de Théobomos, les boss n’ont pas la prestance d’un boss de World of Warcraft. En effet, mis à part ledit Triroan Instable qui, la première fois que je l’ai croisé, a imposé un silence de respect sur Mumble, les boss sont certes soignés mais peu impressionnant.

L’histoire.

Un scénario captivant

Qui est donc cet homme ...?

Aaah l’histoire d’Aion… A la fois très simple et très complexe, elle me semblait, sur la première monture du site officiel, absolument fabuleuse et propice au Role-Play. L’idée de donner au joueur une histoire pour son personnage en début de jeu est sympathique, même si quelque peu fermée. On se laisse emporter, et l’idée de l’amnésie afin d’expliquer pas à pas l’univers du jeu est très bonne. On fait ses premiers pas en tant que mercenaire, on devient Daeva, on évolue peu à peu dans l’histoire. Sans que cela y paraisse, l’univers se complexifie énormément pour peu que l’on prenne le temps de lire ce que nous racontent les différents PNJ que l’on croise sur sa route. Certes, comme toujours, le choix est très limité pour ne pas dire inexistant, mais je préfère ne pas avoir de choix que de ne pas avoir d’histoire.

L’histoire, sans vouloir la raconter, nous amène de lieux en lieux, parfois en s’éloignant de la trame originelle. On affronte les Balaurs, on affronte les Révolutionnaires Lépharistes, les Kralls, on fait d’étonnantes découvertes. Et puis, au niveau 50, après avoir fini toutes les autres Missions, on va de claques en claques scénaristiques.
Un choix nous est donné, un seul choix, mais qui est porteur d’immenses promesses. J’espère sincèrement que NCSoft tiendra les promesses faites par deux simples cinématiques. Si oui, je sens que les futures mises à jour vont tout simplement me scotcher à mon jeu, plus que maintenant encore.

Le PvE.

Certains boss vous donneront du fil à retordre. Ici, Le Seigneur des Flammes Callindi.

Aie. Le point qui fâche sur Aion. Le PVE est vraiment très très limité. L’univers est trop petit, et le choix se limite souvent entre une ou deux instances, ainsi que une ou deux zones. Si la nécessité de grouper pour se rendre dans certaines zones est saluable, la difficulté à monter en niveau couplée au peu de choix d’instance ou de zone fait que l’on se retrouve souvent à rester plusieurs heures et plusieurs jours dans les mêmes zones, dans les mêmes instances, à frapper les mêmes mobs.

Certes, les instances sont très (et parfois trop) longues, mais on aimerait pouvoir changer du Brise-Ecume de temps à autre.

Hélas, le niveau 50 n’apporte rien de plus. On se retrouve à faire les Instances Abyssales supérieures une fois par jour (1h maximum par instance) pour avoir des points d’Abysses, parfois un Dredgion, parfois un Poéta la Sombre. Le reste des instances, que ce soit le Laboratoire de Théobomos (4h dans le meilleur des cas), Draupnir (difficilement atteignable) ou Brise-Ecume ne possèdent pas assez de boss pour être intéressante. Si dans Poéta la Sombre, on croise 15 boss en deux ou trois heures, avec des taux de drop plutôt interessants, le Laboratoire de Théobomos n’est intéressant que pour deux boss qui ont des taux de drop absolument minable. Faire 4h d’instance pour ressortir avec pas le moindre loot, même bleu, c’est plutôt répulsif.

Certes, Aion est un jeu coréen (et donc difficile par définition), mais il y a des limites.

Le PvP.

Le PvP d’Aion se distingue surtout en deux occasions: lors des ballades dans les Abysses et lors des rifts. Par PvP, je n’entends cependant pas du 1 VS 1, mais plutôt du 6 VS 6, puisque les groupes sont souvent obligatoires pour avoir l’espoir de survivre.

Le PvP en Abysse, la zone partagée par les Ely et les Asmos, ne prend son essor qu’à partir d’un haut niveau. En effet, il est rare en Abysse de faire des affrontements entre niveaux égaux, ou alors le perdant fera appel à quelques amis plus haut niveau pour venir nettoyer la zone où il farmait tranquillement. Une fois haut niveau, cela devient un plaisir de se ballader en Abysses. Certes, un bon équipement est nécessaire afin de pouvoir vraiment s’éclater, mais un combat à niveau et équipement équivalent est toujours très technique.

Le PvP en rift, lui, ne m’a guère attiré. Certes, à plus bas niveau c’est un bon moyen de PvP, mais l’absence de rift pour se rendre en zone 45-50 ennemie fait que soit on tombe sur un ou deux ennemis bas niveau que l’on explose, soit on tombe sur une cohorte de 45-50 qui nous explose.
Le seul PvP qui peut réellement être intéressant, c’est de se monter un twink et de se mettre au défi de survivre le plus longtemps possible. Je n’ai pas encore testé.

Le PvP sur Aion souffre surtout du système actuel de points d’Abysses. En effet, plus nous faisons du PvP, plus nous montons en Rang, et donc plus la mort nous fait perdre des points. Lorsqu’on vise de l’équipement abyssal, c’est très pénalisant. Couplé au fait que l’on se fait bien plus de PA dans une instance Abyssale supérieure qu’en PvP, les officiers et généraux ne sortent que très rarement, ce qui est réellement dommage.

Le RvR.

L'envolée Elyséenne.

Le RvR sur Aion m’a directement attiré par les similitudes avec les War of Emperium de Ragnarok Online. Du combat de masse, où les Guildes sont remplacées par des races entières, de la stratégie avec les Artefacts, les portes et les champs éthérés, des combats tant aériens que terrestres, sur le papier le RvR d’Aion était plein de promesses.

Seulement, une fois sur le terrain, trois problèmes majeurs se posent:

Le premier est la surcharge de certains serveurs lorsque l’affluence est trop grosse. Si certains serveurs tels que Suthran tiennent relativement la route (même si le plantage serveur en pleine attaque de la Forteresse Divine aura fait grincer des dents), d’autres, tels Arbolu ou Deltras, n’ont pas cette chance. Dès que l’affluence est trop importante, le serveur rame énormément.
J’ai la chance d’être sur Vidar, qui tient pas mal la route, même si je me souviens d’une époque où, quand les forteresses étaient capturables, le serveur entier commençait à ramer et qu’il était temps d’arrêter le PVE pour aller RP un peu.

Le second est simple: les performances du PC sont primordiales pour pouvoir espérer jouer correctement. Si certaines astuces permettent de diminuer le lag (Shift + F12, couper le son, taux de fluidité fixe, …), ma configuration, qui me permets de jouer à 50 images par seconde en PVE, me fait chuter à moins de 10 IPS en prise de forteresse. Je n’ai certes pas une bête de combat (un modeste Dual Core@1.8Ghz, 3.2Go de RAM DDR2, Gforce 9500GT avec 512RAM DDR2), mais c’est rageant d’arriver dans la masse ennemie et de ne simplement rien pouvoir faire parce que le PC freeze.

Le troisième problème, lui, est plus spécifique à Vidar. La mentalité Ely sur Vidar (je n’ai que de vagues echo du coté Asmo) est plutôt mauvaise en cas de défaite: les gens semblent mettre plus d’énergie à s’insulter sur les canaux /1 et /3 après une défaite ou sur le forum qu’à se battre en forteresse. Ajoutons à cela un manque de leader (ou plutôt, que les rares leaders qui avaient sû s’imposer en tant que tels se sont faits expulser, et rarement en douceur. Cela donne un RvR en dents de scie, et malheureusement les vrais gros affrontements sont plutôt rares, même si jouissifs.

Métiers et récoltes.

Un autre système très bon sur le papier et très décevant au final. Je ne me suis pas lancé à fond dans cet aspect du jeu, mais l’écho que j’en ai eu est globalement le même: mises à part l’alchimie et la cuisine qui sont utiles pour se fabriquer ses propres consommables, le reste demande un trop grand investissement pour trop peu de résultats. En effet, à part les équipements draconniques, qui demandent un nombre effrayant de composants (165 écailles et 65 cornes pour faire un essai sur un arc, par exemple, qui nécessite un double critique), l’équipement créé par les Métiers est bien en-dessous de ce que l’on peut avoir à Poéta la Sombre ou du Miragent.

De plus, passer Expert dans un métier peut couter très très cher si l’on a pas de chance. La quête pour passer Expert Artisan m’a couté actuellement près de 30 millions de kinah, et je ne l’ai toujours pas réussie.

Ainsi, les gens se font Expert Cuisine pour leur quête du Miragent, et puis c’est tout. C’est à nouveau un fort potentiel gâché, et c’est dommage…

Annexe: le service clientèle francophone.

Et là, c’est un coup de gueule personnel.
J’ai eu à faire avec le service support NCsoft à quatre reprises, et mes expériences ne furent pas convaincantes. Sur les quatres fois où j’ai fais appel au support clientèle, trois des réponses furent totalement à coté de la plaque, et ce n’est qu’au bout que de nombreux échanges, où le GM en charge de me répondre n’a pas pris la peine de s’intéresser à mon cas, que j’ai eu une réponse plus ou moins dans le sujet.

Mon second coup de gueule va à l’apparent désintérêt que porte NCSoft au marché francophone. En effet, avant la sortie d’Aion, nous avions droit à un site fort esthétique, même si peu orienté communauté. Ce site comprenait cependant toutes les informations, tant au niveau de l’univers que du système de jeu.

Puis est arrivée la nouvelle monture du site, certes plus interactive… Mais désespérément vide. A présent, si l’on veut lire l’histoire d’Aion (vue par les Elyséens ou les Asmodéens), il faut se rendre sur Wikipédia ou un fansite. Affligeant.
Lorsque j’ai demandé, il y a plusieurs mois à présent, quand viendrait enfin le Powerwiki en Français, il m’a répondu que cela faisait partie de leurs « priorités ». A la même question aujourd’hui, la même réponse.

Si je n’ai absolument rien à reprocher à Arathaur en tant que Community Manager, au contraire, je me dis que si au bout de trois mois à mon travail, une priorité n’était pas remplie, pas même un peu, je serais purement et simplement renvoyé :)
Il faut croire que l’équipe de localisation francophone (s’il en existe une) ne travaille pas sous pression.

Mon avis, au final.

Je donne peut-être l’impression d’être déçu par Aion. C’est un peu le cas, car beaucoup de promesses tacites n’ont pas été tenue.
Mais soyons clairs: Aion est simplement un MMORPG magnifique. Il demande un investissement énorme, c’est vrai, mais j’ai connu des jeux demandant bien plus de grind et bien moins agréables.
A partir du moment où Aion ne m’apportera plus de plaisir mais juste de la frustration et de l’ennui, ce jour-là je changerai de jeu.
La course au stuff est pour moi une raison suffisante pour rester en attendant la suite.
La 1.9 va arriver, pleine de révolutions, et bientôt la 2.0 qui, je l’espère, apportera un peu plus de contenu à haut niveau.

Les plus:

* Un univers simplement enchanteur
* Enfin un MMORPG avec une vraie histoire à suivre
* Un RvR impressionnant et jouissif
* Le PvP en groupe très plaisant
* Une progression ardue, qui promets de longues heures de jeux

Les moins:

* Un contenu PvE malheureusement trop peu dévellopé
* Un système PvP parfois mal pensé (Mon principal reproche allant aux PA gagnables en PvE)
* Un système de métiers pas assez rentable
* Une progression parfois TROP ardue
* Mon manque flagrant de chance :D
* Un service clientèle FR à revoir.

Et en bonus:
Mes ailes sont blanches – Petite nouvelle sur le thème d’Aion, avec pour personnage principal Enkimy, mon Rôdeur.

Une réponse à Aion: 6 mois déjà.

  1. Odow 28 mai 2010 at 9 h 06 min

    Je suis pas une sorcière je suis un shugoooooo *-*

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